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(Newsletter janvier 2012)

Chers membres,

Cher-e-s ami-e-s,

Cher-e-s vous tou-te-s,

 

C’est parti pour 2012 ! Avant de replonger dans la potopote belgo-belge dès le mois de février, je vous propose une newsletter un rien plus internationale (sans être exhaustivement internationale). Parce que la constitution hongroise a été adoptée, parce qu’en Jamaïque, l’ardeur homophobe pourrait sembler donner l’impression (qu’éventuellement…) elle se tarit, parce que l’Amérique du Sud se montre de plus en plus LGBT (« T » y compris) friendly et parce que finalement, la revendication des droits LGBT dans le monde revêt, à n’en plus douter, depuis une dizaine d’années, un caractère global/mondial.


En Hongrie, Viktor Orban

Tous les sites d’infos LGBT (E-llico, Yagg, etc.) mais également d’infos généralistes (Le Soir, Le Monde, etc.) en parlent. La nouvelle Constitution hongroise (en vigueur depuis le 1er janvier) n’annonce rien de bon, ni pour les LGBT, ni pour les mouvements laïcs, ni pour les femmes, ni pour la presse. Très conservatrice, cette nouvelle Constitution prévoit notamment que le mariage ne pourra être contracté qu’entre personne de sexes différents. Exit donc la possibilité d’ouvrir le mariage aux couples du même sexe sans une majorité des deux tiers (majorité nécessaire pour réviser la Constitution). Exit également la « République de Hongrie » (au profit de « Hongrie », nettement plus nationaliste), exit la laïcité (référence explicite à Dieu), exit l’avortement (l’embryon est désormais un être humain dès le début de la grossesse)… sans compter les dispositions couchées dans cette Constitution pour asseoir le pouvoir du premier ministre, Viktor Orban.

 

 


En Jamaïque, Portia Simpson-Miller

Les chanteurs de Dancehall vont-ils en être pour leur frais ? Rappelez-vous, été 2010, des opérateurs de festivals (Dour, Couleur café) invite des chanteurs (jamaïcains) controversés. Capleton et Bennie Man sont les auteurs de textes très homophobes, qu’ils s’abstiennent bien entendu de chanter sur nos scènes… mais pas en Jamaïque. Du moins jusqu’à présent. Aux dernières législatives, le Président sortant a connu un sérieux revers en faveur d’une opposition décomplexée par rapport aux thématiques gaies et lesbiennes. Portia Simpson-Miller (chef de l’opposition et vainqueur aux élections du 29 décembre dernier) s’est même illustrée dans un débat télévisé sur le fait que « personne ne devrait être discriminé pour son orientation sexuelle ». Plus d’informations sur le site Suisse d’infos LGBT, 360.ch.

 

 


En Amérique du sud, législation trans’ à la pointe

Ce n’est pas l’Institut pour l’Egalité des Hommes et des Femmes ni nos amis de Genres pluriels qui me contrediront, l’Argentine s’est dotée de la législation sur la question trans’ la plus progressiste du monde !  La loi belge fait pâle figure à côté. Petit tour d’horizon. Depuis le 30 novembre dernier, la loi argentine consacre dans sa GenderIdentityLaw un véritable droit à l’identité de genre. Cette identité de genre y est comprise comme la perception que l’individu se fait de son appartenance à un genre, quel que soit le genre assigné à la naissance. De là, une liberté presque totale de faire modifier son propre corps en concordance avec son identité de genre : chirurgie, hormonologie, façon de s’habiller ou de s’exprimer. Contrairement à la Belgique donc, aucun encadrement psychiatrique, aucune obligation de stérilisation et le changement de genre sur la carte d’identité prescrit par la législation argentine est d’une simplicité non égalée. Rappelons en passant que l’engagement du Gouvernement Di Rupo premier en la matière est très, très léger...

 

 


Mariage gay, globalisation

Il y avait comme une sentiment d’inéluctabilité qui planait sur la conférence de David Paternotte le 21 décembre dernier. En écoutant ce sociologue de l'Université Libre de Bruxelles parler (avec brio) des conditions d’émergence de la revendication du droit au mariage par les gays et les lesbiennes, du Danemark au Népal en passant par la Californie et l’Afrique du Sud (et la Belgique), on ne pouvait s’empêcher d’y croire. De se dire que la machine pour l’égalité des droits entre les homos et les hétéros était une machine implacable qui nous ferait presque croire à la linéarité de l’Histoire, séparant l’avant (le temps des discriminations juridiques, médicales, sociales) de l’après (égalité législative et sociale, indifférence totale de l’orientation sexuelle des individus) avec une période de transition d’au maximum une centaine d’années (le début du compte à rebours ayant été donné en 1989 lorsque le Danemark se dota du premier partenariat civil ouvert aux personnes du même sexe). Même Viktor Orban n’aurait pu me faire déchanter des réjouissantes perspectives évoquées ce soir-là sur le Campus de la plaine.

Plus sérieusement, sans verser dans l’angélisme, force est d’admettre que les changements sociaux sont nombreux ces dernières décennies et que le progrès social en est souvent le moteur. Argons que cette année 2012 nous apporte encore son lot de bonnes nouvelles. Et que le règne de Viktor Orban ne se fera pas sans l’opposition d’un peuple animé par sa soif de progrès social.

 

Bon mois de janvier à toutes et à tous !

Vincent Bonhomme

 

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